La Trinité en Martinique

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Usine sucrière selon l'encyclopédie universelle de Diderot.


Sommaire de la page,










Planche I,

La vignette représente la vue d'une habitation.


1, maison du maître & ses dépendances.

2, partie des cases à nègres formant une ou plusieurs rues, suivant le nombre & l'emplacement.

3, partie de savane ou pâturage.

4, lisière ou forte haie qui sépare la savane des plantations de cannes.

5, partie de pièces plantées en cannes à sucre à mi-côte & en plat-pays.

6, moulin à eau.

7, sucrerie avec sa cheminée, & son hangar pour les fourneaux.

8, gouttière qui conduit l'eau du canal sur la roue du moulin.

9, décharge de l'eau du moulin.

10, une des cases à bagasses ou cannes écrasées.

11, purgerie ou grand magasin servant à mettre les sucres quand ils sont en forme, pour les purger de leur sirop superflu & les terrer.

12, étuve pour faire sécher les pains de sucre.

13, hauteurs entre lesquels sont les plantations de manioc, les bananiers & l'habitation à vivre.

14, morne: c'est ainsi qu'on nomme aux îles Antilles les montagnes qui paraissent détachées des autres.


Fig. 1. Coupe verticale d'une étuve à mettre sécher les pains de sucre terrés.

A, comble de l'étuve.

B, murs de l'étuve.

C, porte.

D, coffre de fer servant de fourneau.

E, bouches du foyer & du cendrier.

F, rayons ou tablettes en grillage, sur lesquelles on range les pains de sucre.

G, plancher couvert de cinq à six pouces de maçonnerie.

H, trappe que l'on ouvre pour laisser aller l'humidité qui s'élève des pains de sucre, & qui s'échappe au dehors par les conduits i, pratiqués sous le larmier.


Fig. 2. canne à sucre.

K, corps de la canne.

L, feuille dentelée sur les bords.

M, flèche ou fleur de la canne portant la graine.

N, partie inférieure de la canne avec sa racine.

3. O, serpe pour sarcler & couper les cannes.

4. P, houe à fouiller la terre.

5. Q, pelle de fer pour le même usage & ramasser le sucre pilé dans le canot.

6. R, pincé de fer servant de levier.

7. S, canot avec ses pilons, pour mêler le sucre en poudre, & le fouler dans les futailles.



Planche II,

La vignette représente deux types de moulin.


Fig. 1. Moulin mû par des animaux.

A, châssis de charpente très solide.

B, table du moulin, communément faite d'un seul bloc creusé & revêtu de plomb.

C, trois rolls couverts chacun d'un tambour ou cylindre de métal, & traversés d'un axe de fer coulé, dont l'extrémité inférieure est garnie d'un pivot portant sur une crapaudine.

D, ouvertures faites à la table pour pouvoir changer & réparer les pivots & les crapaudines.

E, entailles aux deux ouvertures des côtés, servant à chasser des coins de bois, pour serrer & rapprocher les tambours.

F, autres ouvertures sur les moises, avec des coins pour serrer les pivots supérieurs.

G, hérissons dont les rolls sont couronnés, & qui engrenant les uns dans les autres, font tourner les tambours en sens contraires.

H, axe ou arbre prolongé du roll principal.

I, demoiselle, pièce de bois dans laquelle est un collet au travers duquel passe le pivot supérieur de l'arbre.

K, bras du moulin, auxquels la force mouvante est appliquée.

L, charpente & enrayure du comble.

M, rigole couverte qui conduit le suc des cannes écrasées, dans la sucrerie.

Fig. 2. Moulin mû par une chute d'eau.

A, châssis de charpente très solide.

B, table un peu creusée en dessus, & revêtue de plomb comme au moulin précédent.

C, les trois rolls couverts de leurs tambours de métal, & garnis de leurs hérissons, pivots & crapaudines.

D, arbre vertical dont l'extrémité supérieure passe au travers d'un collet encastré dans la demoiselle que doivent porter les pieux de bois E.

F, rouet tournant horizontalement.

G, rouet, au lieu duquel on peut supposer une lanterne, dont les dents ou les fuseaux s' engrènent dans celles du grand rouet horizontal.

H, grand arbre horizontal ou axe de la grande roue. II, la grande roue à pots ou à godets recevant l'eau du canal par la gouttière K.

L, petite rigole de bois, qui conduit le suc des cannes écrasées dans la sucrerie.

M, négresse qui passe des cannes au moulin.

N, bagasses ou cannes écrasées qu'une autre négresse fait repasser de l'autre côté du moulin.

O, palan ou corde pour enlever l'arbre, lorsqu'il y a quelques réparations à faire.



Planche III,

La vignette représente l'emplacement des chaudieres et leurs noms.


A, la grande.
B, la propre.
C, la flambeau.
D, la sirop.
E, la batterie.

Détail du profil.

I, massif de maçonnerie très solide.

2, pieds droits qui forment la séparation des fourneaux.

3, serses dans lesquelles les chaudieres sont encastrées.

4, fourneau principal où on allume le feu.

5, canal, le long duquel la flamme passe sous les chaudieres, & s'échappe par le tuyau de la cheminée.

6, 7, place du bac ou canot, qui reçoit le vésou ou sucre de cannes venant du moulin.

8, grande écumoire de cuivre.

9, grande cuilliere de cuivre.

10, truelle à terrer les pains de sucre.

11, forme à sucre, débouchée & placée dans un pot, pour que le syrop superflu au pain de sucre, s'écoule.

12, autre forme à sucre sur le bloc, pour en tirer le pain.

13, grande chaudiere à sucre, faite de cuivre ou de fer fondu.

14, vaisseau de cuivre nommé bec de corbin, servant à verser le syrop dans les formes.

15, caisse de bois grillée par le fond, & percée de plusieurs trous, servant à soutenir un blanchet ou drap de laine blanche, au travers duquel on passe le résou ou suc des cannes.

16, grande chaudiere de cuivre à plusieurs pièces, servant à distiller le tafia ou l'eau de vie de cannes.

17, chapiteau de cuivre avec son bec.

18, couleuvre d'étain soutenue par des barres de fer; elle se met dans un grand tonneau plein d'eau froide qui rafraîchit la liqueur distillée qui circule dans ses différentes circonvolutions.



Planche IV,

La vignette représente l'intérieur d'une sucrerie.



A, glacis en briques & carreaux, plus élevés que les chaudieres.

B, bac qui reçoit le suc de la canne venant du moulin.

C, cinq chaudieres.

D, chassis fait de fortes tringles de bois, sur lesquelles on pose les écumoires & les cuillieres à la portée des ouvriers.

E, nègre qui écume la grande chaudiere.

F, autre nègre qui observe le bouillon des chaudieres.

G, autre nègre qui, après avoir brisé la croûte qui s'est formée à la surface du sirop contenu dans les formes, remue la matiere, afin que les grumeaux ne s'attachent pas aux côtês du vase, & qu'ils se puissent disperser également.

H, vieille chaudière dans laquelle est une lessive dont on se sert pour épurer le vésou.

I, baille aux écumes, ou baquet où on les jette.

K, caisse à passer le vésou.

L, bec de corbin.

M, formes à sucre bouchées par la pointe & pleines du sirop de la batterie, après qu'il a été refroidi dans le vaisseau appellé le rafraîchissoir.

N, plancher sur lequel est un citerneau où l'on jette les écumes & ce qui se répand du sirop, afin d'en faire le tafia.

Bas de la Planche.

A, partie du moulin ou gouttière qui conduit le suc de canne dans la sucrerie.

B, passage & place des ouvriers.

C, emplacement pour ranger les formes, avant de les porter dans la purgerie.

D, le bac qui reçoir le vésou ou le suc des cannes.

E, les cinq chaudieres.

F, glacis.

G, fenetre qui éclaire principalement la batterie.

H, bouche du foyer sous la batterie.

I, évents des autres fourneaux qu'on a soin de boucher exactement, lorsque le feu est au foyer.

K, tuyau de la cheminée.

L, appentis, espèce de grand auvent, soutenu par des piliers pour couvrir les fourneaux & le nègre qui entretient le feu sous
la batterie.

M, rampe & escalier pour descendre sous l'appentis.



Planche V,

La vignette représente l'atelier de raffinage.


6, 7, chaudières à clarifier.

8, chaudière à cuire, toutes trois montées sur leurs fourneaux.

9, 10, chaudières à clarifier.

5, pompe qui fournit l'eau du bac à chaux dans les chaudieres à clarifier.
Fig. 2.

A, manége placé au rez-de-chaussée d'un des pavillons, pour tirer de l'eau du puits B.

C, le réservoir général qui distribue par des tuyaux souterrains, l'eau dans tous les endroits où elle est nécessaire.

D, salle où sont les bacs à terre.

E, passage pour aller dans le magasin.

F, il y a aussi un escalier pour monter aux étages supérieurs qu'on appelle greniers.

F, magasin où on défonce les bariques de sucre brut que l'on distribue par sortes dans les bacs ou bails 1, 2, 3, 4.

G, bac à chaux construit en ciment ou avec un corroi de terre glaise.

H K, l'atelier que la vignette représente.

L, atelier appellé l'empli.

13 & 14, chaudieres de l'empli, où on porte les sirops après leur cuisson.

15, formes rangées sur trois rangs près les murs de cette salle, & la pointe en bas. Le trou qui est à cette pointe, est bouché par un petit tampon de linge.

M, chambre à vergeoise, au dessus de laquelle, aussi bien qu'au dessus des autres bâtimens, sont les greniers disposés de la même maniere que cette chambre.

N, son poële ou cuve.

P, pavillon dans lequel sont les magasins des sucres affinés.

R, grande étuve pour les sucres affinés, où on les fait sécher après qu'ils sont sortis des formes.

11, réduit pour placer le charbon de terre dont on se sert pour chauffer le poële de cette étuve.

12, autre réduit où on dépose dans des tonneaux à gueule bée les écumes que l'on enleve de la chaudiere à cuire.

Fig. 3.

Coupe du bâtiment par le milieu du pavillon qui contient l'atelier à clarifier & à cuire, & aussi la grande étuve.

K, porte de communication de l'atelier des chaudières à la salle de l'empli.

7. une des chaudières à clarifier montée sur son fourneau. On voit au dessous de la grille un souterrain qui communique à la cave qui est au dessous de l'étuve,

R, il sert de cendrier & d'évent.

10, une des chaudières à clarifier.



Planche VI,

La vignette représente l'intérieur de la chambre à vergeoise ou d'un des greniers qui sont au dessus.


Fig. 1. Ouvrier qui, après avoir débouché le trou d'une forme bâtarde qui est posée sens dessus dessous sur une sellette appellée canaple, enfonce dans le sirop figé une broche de fer qu'on appelle prime, pour faciliter l'écoulement de la partie du sirop qui ne crystallise pas dans les pots sur lesquels il redresse ces formes devant lui.

Fig. 2. Poêle ou étuve pour entretenir dans cette chambre ou grenier un certain degré de chaleur. Il est com posé d'une maçonnerie de brique, & d'une caisse de fer fondu formant trois côtés & le dessus d'un parallélépipède rectangle.

3. Plan du poêle.

4. Coupe du poêle.

5. Elévation du poêle du côté de la porte & du cendrier; on y brûle du charbon de terre.

6. Forme bâtarde, dont la pointe va en arrondissant.

7. Pot de forme bâtarde, ayant cinq pieds pour être posé à terre.

8. Forme pour mouler les pains de sucre pesant deux livres.

9. Pot pour laisser égouter cette forme.

10. Bassin à cuite, dont on se sert pour remplir les formes dans la salle de l'empli, & autres transports des sirops d'une chaudiere dans une autre.



Planche VII,

La vignette représente représente la grande étuve.


Cette Planche représente la grande étuve où l'on met sécher les pains de sucre, après qu'ils soient sortis des formes.

On y voit la coupe du poêle de cette étuve où l'on met le feu par le dehors du bâtiment; & celle des souterrains qui servent de cendriers & d'évents pour le poêle & les fourneaux des chaudières. Cette figure est relative à la figure 3. de la Planche V.

























Site qui m'a permis d'élaborer cette page :

Encyclopédie, ou Dictionnaire Raisonné des Sciences, des Arts et des Métiers de Diderot et d'Alembert.