La Trinité en Martinique

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La canne à sucre, du champ à votre table.


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La fabrication du sucre de canne à l'usine du Galion à La Trinité




Aux champs.

La culture de la canne à sucre s'étend dans les régions tropicales et subtropicales.

Sa croissance végétative est favorisée par des températures élevées, entre 26 °C et 34 °C.

La plante se reproduit par bouturage, à partir d’un morceau de tige comportant au moins un noeud.

Les plantations se font au début de la saison des pluies.

La récolte de la canne à sucre intervient après onze à douze mois de culture.

Elle débute avec le début de la saison sèche et se poursuit après les premières pluies.

Les cannes sont coupées au ras du sol, soit manuellement au coutelas, soit de façon mécanisée.

Ces machines découpent, tronçonnent et chargent dans des véhicules les morceaux de canne.
Le faible contenu en sucre de la partie supérieure de la plante, ainsi que les feuilles, sont abandonnées dans les champs .

La méthode dite « australienne » consiste à mettre le feu aux plantations à couper et à procéder seulement à la coupe de la base des chaumes, les feuilles ayant été préalablement brûlées.

Les souches rejètent ensuite en nouvelles tiges pour une prochaine récolte.

Ce processus peut se renouveler jusqu’à huit à dix années consécutives.

Au-delà de ce temps, il faut renouveler les plantes pour s’assurer d’une bonne teneur en saccharose.

Le transport à la sucrerie doit se faire le plus vite possible, car une fois coupée, la canne se détériore rapidement et perd son sucre.

Si les cannes sont laissées trop longtemps dans les champs, la température élevée agira sur le saccharose et transformera une partie de celui-ci en sucres non-cristallisables.

Cette transformation, est irréversible, une période d’attente de 2 à 3 jours peut provoquer une perte de 50 % de saccharose sur un rendement qui n’atteint que 8 % à 14 % du poids total de la tige.

Le ramassage de la récolte se fait dans les champs par camions, remorques et tracteurs.

A l'usine sucrière du Galion.


Le transport, la pesée, l'échantillonnage et l'analyse.

Sortis des champs, camions et tracteurs, convergent, dans un ballet incessant, vers l'usine. Vous les rencontrerez sûrement sur votre route !

La réception des cannes par l’usine se fait directement à la balance de la sucrerie.

Camions et tracteurs sont pesés, un échantillon de cannes est prélevé à l’aide d’une sonde mobile à fin d'analyse pour déterminer la teneur en saccharose de la livraison, c'est ce qui détermine son prix d'achat par l'usine.

Ensuite, les cannes sont dirigées vers l'aire de stockage ou elles sont déchargées par un énorme portique.


La préparation de la canne, l'extraction du jus.


Le début des opérations de transformation peuvent commencer.

La canne est lavée, coupée en tronçon d'environ 10 cm et passe dans le défibreur, appareil qui la pulvérise.

Elle passe ensuite au travers d'un moulin à deux cylindres pour une première extraction.

Elle est dirigée vers le diffuseur où elle est arrosée avec de l'eau chaude et repasse ensuite au travers d'un moulin.

Deux fois encore, elle sera arrosée et passera en tout dans une chaîne de dix moulins.

Le jus obtenu est mélangé avec celui de première extraction pour constituer le jus de canne brut, le vésou, d'une part et les restes fibreux de la canne, la bagasse d'autre part.

La bagasse est trasportée vers les chaudières et sera brûlée pour produire la vapeur nécessaire aux autres étapes de la fabrication du sucre.


L'épuration, le chaulage et la décantation.



Le vesou, qui contient un grand nombre d’impuretés, est d’abord épuré par tamisage pour enlever surtout les particules ligneuses, et ensuite par chauffage et par ajout de chaux (chaulage),


le pH du vesou est amené progressivement jusqu’à une valeur d'environ 8.

Après le chaulage, le vesou est porté à ébullition (105 ºC) dans des réchauffeurs afin de favoriser l’insolubilisation des plus petites impuretés (floculat).

Dans le clarificateur, le vesou décante et les impuretés noires ou « boues » se déposent au fond.

Le jus clair obtenu en surface contient de nombreux sucres réducteurs, car l’épuration ne les détruit pas.


L'évaporisation et la cristallisation.



Le jus clair est chauffé à différentes températures dans des évaporateurs à pression réduite.

L’eau s’élimine sous forme de vapeur et le sirop est obtenu.

Il est chauffé à 55 ºC à pression réduite dans des appareils à cuire, cette opération est pilotée par ordinateur.

Il se transforme en une masse pâteuse (masse-cuite) qui renferme des cristaux de sucre et un liquide visqueux appelé « liqueur-mère ».





Le malaxage et le turbinage.



Le malaxage consiste à pétrir la masse cuite pour permettre au sucre encore contenu dans la liqueur mère de continuer à se déposer sur les cristaux.

En brassant la masse cuite, le malaxeur modifie constamment les positions de la liqueur mère et des cristaux pour favoriser leur grossissement.



Elle est ensuite turbinée dans une centrifugeuse afin de séparer les cristaux de sucre et le sirop épuisé.

On obtient le sucre de premier jet.

Le sirop épuisé est malaxé et turbiné à nouveau pour obtenir le sucre de deuxième jet.

Il est malaxé et turbiné une dernière fois pour l’obtention le sucre de troisième jet et la mélasse.

A l'issue des trois cycles de cuisson, malaxage et centrifugation successifs, on obtient la liqueur, appelée mélasse qui est transférée à la distillerie pour la fabrication du rhum agricole du Galion et surtout un beau et bon sucre roux.

Le séchage et le conditionnement.



Nous arrivons à la fin du cycle de la fabrication du sucre.

A la sortie de la turbine le sucre passe dans le sécheur, est stocké et conditionné.

Il ne vous reste plus qu'à aller dans votre magasin préféré et vous ne manquerez pas de le trouver.






Merci au personnel de l'usine du Galion, pour leur amabilité et leur disponibilité lors des visites.

La Trinité le 6 avril 2008.