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La commune de la Trinité.

Nous ne pouvons pas parler de l'histoire de La Trinité sans la resituée dans le contexte de la Martinique, des Antilles, de la France et de l'Europe.
Le 15 juin 1502, Christophe Colomb, en route pour les indes, fait escale en Martinique pour s'approvisionner en eau et en fruits frais et continue sa quête des indes.

Il n'est pas le premier a s'être arrêté en Martinique.

Des vestiges humains attestent de la présence de l'homme remontant au 2 ème millénaire avant notre ère.

Dès cette époque, des indiens Arawaks, peuple de marins, venus de l'Orénoque et du Vénézuéla s'implantent dans toute les îles de l'arc antillais.

Bien plus tard, l'arrivée des indiens Caraïbes, guerriers venus de Guyane, entraîne la disparition du peuple Arawaks.

En Martinique, comme partout dans l'arc Antillais, les Caraïbes se sont installés, principalement sur la côte au vent appelée Capesterre qui est leur domaine exclusif.

En 1625, Urbain de Roissey, corsaire normand et son lieutenant Belain d'Esnambuc écument la mer des Antilles sus aux navires espagnols de retour vers l'Europe.


Allant se "frotter" à beaucoup plus gros que lui, la "Marquise" avec ses 80 tonneaux et ses 60 hommes ne fait pas toujours le poids et est contraint de relâcher sur l'île de Saint Christophe pour réparer.

Ils y trouvent des anglais (?) et des français, quelques années plus tard s'entendent pour chasser les caraïbes et se partagent l'île.

La compagnie de Saint Christophe.

De retour au Havre, de Roissey et d'Esnambuc sont convoqués à la cour par Richelieu.

Le 31 octobre 1626, le cardinal leur accorde la concession des îles de Saint Christophe, de Barbuda et de toutes autres îles circonvoisines.

La compagnie de Saint Christophe est fondée, l'actionnaire principal en est le Cardinal de Richelieu, d'Esnambuc et Roissey, eux, se réservant 10 % des bénéfices de la compagnie.

C'est la première colonie française des Antilles.


De retour aux Antilles, nos deux corsaires tentent de développer les affaires de la compagnie. Livrés à eux même l'affaire périclite, les anglais en profitent pour essayer de reprendre possession de la totalité de l'île.

D'Esnambuc et les colons français survivants se réfugient à Saint Martin et Saint Barthélémy, ils parviennent à regagner Saint Christophe, mais sans aide de la compagnie ils ne peuvent pas s'imposer.

Les espagnols profite de la situation pour récupérer Saint Christophe.

Ecoeurés, d'Esnambuc et Roissey rentre en France et protestent auprès de Richelieu. Roissey se retire de la compagnie.

La compagnie des îles d'Amérique.

La compagnie de Saint Christophe a vécu et le 12 fevrier 1635, sous l'impulsion de d'Esnambuc est créée la compagnie des îles d'Amérique.

Son objet : fonder des établissements dans toutes les îles d'Amérique qui ne sont pas encore occupées par des roi chrétiens et la conversion des "Sauvages" à la religion catholique apostolique et romaine.

La nouvelle compagnie accordent aux sieurs Liénard de L'Olive et Duplessis d'Ossonville le privilège de coloniser la Guadeloupe, la Dominique ou la Martinique.

Richelieu obtient la nomination de Pierre Belain d'Esnambuc comme gouverneur général pour le Roi des Isles d'Amérique, commandant aux gouverneurs nommés par la nouvelle compagnie.

Et voilà de nouveau d'Esnambuc sur les mers.

Implantation en Martinique.

Avec une centaine de colons qui ont vécus l'expérience de Saint Christophe, ils débarquent, en cette fin d'année 1635 en Martinique, dans la première grande baie rencontrée lorsque l'on vient du nord, la baie de Saint Pierre.

Ils y établissent et arment un fortin. D'Esnambuc qui est avant tout un corsaire, nomme Jean Du Pont comme gouverneur et rembarque pour Saint Christophe.

Les Caraïbes de Martinique, alliés à ceux de Guadeloupe, de Dominique et de Saint Vincent attaquent les colons de Saint Pierre.

Ils seront repoussé et concluent un traité.

En 1636, Jean Du Pont embarque pour aller rendre compte à d'Esnambuc mais il est retenu prisonnier pendant trois ans par les Espagnols.

D'Esnambuc nomme son neveu, Jacques Dyel du Parquet, gouverneur de la Martinique.

En décembre de cette année 1636, d'Esnambuc décède de maladie.

La compagnie nomme du Halde comme lieutenant gouverneur de Saint Christophe.

Le 2 décembre 1637, la compagnie confirme la nommination Jacques Dyel du Parquet au poste de lieutenant gouverneur de la Martinique pour les trois années suivantes.

Les efforts de du Parquet pour développer la nouvelle colonie porte ses fruits, de nouveaux colons viennent grossir les rangs des pionners arrivés avec d'Esnambuc.

Les rapports avec les indiens caraïbes ne posent pas de problèmes.

Le 21 novembre 1647, au Carbet, il épouse Marie Bonnard avec laquelle il a des enfants. Deux seulement vécurent.

En 1649, la compagnie des îles d'Amérique ayant fait faillite, chaque île est revendue.

Des îles à vendre ...

Le 27 septembre 1650 du Parquet se porte acquéreur de la Martinique, Sainte Lucie, Grenade et les Grenadines.

En 1654 débute une longue période troublée avec les caraïbes. A Sainte Lucie, les caraïbes chassent les français les massacrants presque tous.

En représailles, du Parquet enverra M. de La Perrière à la tête de ses troupes à Saint Vincent; qu'ils mettront à sac.

Le 28 septembre 1656, du Parquet vend Grenade et les Grenadines au comte de Cérillac.

Il conclue un pacte de paix avec les caraïbes le 18 octobre 1657.

Le 3 janvier 1658, le gouverneur du Parquet meure.

Marie Bonard, sa veuve, à quelques difficultés à faire valoir les droits de ses enfants, Jean-Jacques Dyel d'Esnambuc (huit ans) et Louis Dyel du Parquet (cinq ans) à la succession de leur père.

Le père Feuillet est envoyé auprès de Louis XIV pour que la succesion leur revienne.
Madame du Parquet est nommée régente pour ses enfants.

Le 15 septembre 1658, le roi nomme Adrien Dyel de Vaudroques, gouverneur avec sa belle-soeur, Marie-Bonnard jusqu'à la majorité de l'ainé de ses fils.

La vie des petits colons de Saint pierre n'est pas trop perturbée par toutes ces intrigues.

Le sieur Belin, au cours d'une partie de chasse, s'aventurent, avec ses compagnons en cabesterre, ils furent massacrés par des Caraïbes.

Mme du Parquet, réunit en conseil les officiers et les principaux habitants et décide d’une expédition.

Naissance du quartier de La Trinité.

Monsieur de Loubières prend le commandement de cinq barques transportant 200 hommes, pour gagner la Capesterre par la mer pendant que deux groupes de 200 hommes les rejoindraient par la terre, un par la Montagne Pelée et l’autre par le morne des Gommiers.

Plusieurs escarmouches eurent lieu sur le chemin, dont une au quartier de Sainte Marie.

Les Caraïbes n’opposèrent pas une grande résistance et vaincus, s’embarquèrent pour la Dominique ou fuirent vers le sud de la Martinique.

La facile victoire, remportée par les colons, les mit en possession de tout le nord de l’île jusqu’à La Trinité.

De Loubière avait apporté de Saint Pierre, la charpente d’un petit bâtiment, elle fut rapidement érigée, en modeste fortin, sur les limites des possessions nouvellement acquises.

Le choix se porta sur une petite presqu’île au nord de La Trinité. (actuelle pointe Sainte Catherine).

Nous sommes à la fin de l’année 1658.

Pour inciter l’implantation de colons dans cette nouvelle possession, Mme du Parquet promet une exemption de droits et d’impôts pendant 10 ans, à tous ceux qui s’établiraient en Capesterre pendant le cours de la prochaine année.

Le quartier s'organise.

Un détachement militaire reste sur place, la défense s’organise sous forme de 2 milices, la première sous les ordres d’André Poret, sieur de la Garenne, la seconde sous les ordres de Jaham de Vertpré.

Les colons s’implantèrent assez rapidement dans ce nouveau quartier, d’abord aux environs du fort afin d’y trouver protection en cas de danger, puis vers la baie de La Trinité, la côte nord de la Caravelle et vers le nord dans les parages de Petite Rivière Salée.

En 1661, une chapelle est édifiée à proximité du fortin et sert d’église aux premiers habitants du quartier.
Un terrain de 50 pas de large et de 1000 pas de haut lui est affecté.

En 1678, la population de La Trinité est de 544 habitants.

Les plus anciens habitants connus sont les sieurs Stel, Ragot et La Croix, ils sont là depuis 1661.

Dix ans plus tard, on y trouve Yves Venant, Antoine des Rochers et Dubucq ; plus au nord, Olivia Ragot, Pierre l’Hermite, Marin de la Houssaye et Pierre Launay.

Quand le corsaire pose son sac à terre.

En 1660, Pierre Dubucq épouse, Renée Blondeau, veuve Duclos, deux enfants naissent de cette union, Jean Dubucq de l'Etang (1672-1739) et Balthazard Dubucq de Bellefond (1675-1753).

Il développe la plantation de cacao qui poussait naturellement et établit une sucrerie, ce fut certainement la première.

1687, voit la fin des travaux de construction d’un presbytère. Il s’élève sur la presqu’île, à côté du fortin maintenant armé de quatre canons pour défendre la baie de La Trinité .

Le 26 juin de cette même année, Pierre Dubucq se remarie avec Françoise Thérèse Gombault, trois enfants naissent de cette union, Pierre Dubucq de d' Estret, Marie Anne Dubucq (1701-1739), Elisabeth Dubucq d'Enneville (1707-1777).

La dynastie de la famille Dubucq se met en place.

Il est indéniable que Pierre Dubucq a été un des premiers habitants de La Trinité et qu’il a contribué à sa prospérité en y développant les plantations.

Le 28 mars 1689, Blénac qui a reçu l’ordre de conquérir plusieurs îles du nord, Saint Eustache entre autre, part de Martinique avec les troupes régulières et les milices.

Au cours d’un engagement, Pierre Dubucq, lieutenant de la milice de La Trinité est grièvement blessé.

De retour en Martinique, il reprend ses activités.

Jean Dubuc ou Dubuc de l’Etang, fils ainé de Pierre, après une carrière militaire, épouse le 17 juillet 1691, Elisabeth Jaray des Marinières, Ils viennent s’établir non loin de son père sur une propriété qui, aujourd’hui encore, s’appelle habitation Desmarinières.

De cette union naissent sept enfants:


Il se remariera le 20 juin 1719 avec Marthe Le Boucher de Rivery, ils eurent trois enfants:

Le cadet, Balthazard Dubuc de Bellefond, a eu un enfant avec Marie Marthe Blondeau, Jeanne Dorothée Dubuc de Bellefond.
En 1694 il épouse Marie Anne Monnel, ils s'installent sur la Caravelle à l'habitation Spoutourne, de cette union naissent sept enfants :


Rien ne va plus.

Pendant ce temps, la cohabitation des militaires et du clergé à la pointe Sainte Catherine ne se passe pas très bien et le « scandale » éclate.

Le capitaine Coulet, commandant la compagnie de La Trinité, fait battre, par un de ses esclaves, le nègre du Père Martelli venu couper de l’herbe pour son cheval.

S’ensuivi toutes sortes d’intrigues qui eurent pour conséquences de voir le Père Martelli expédié
à Saint Domingue et le capitaine Coulet à Paris. Le partage de la pointe de la batterie entre le commandant du fort et le curé ne pouvait plus durer.

La chapelle est transférée à l’emplacement actuel du marché.

L'essor de La Trinité.

Vers 1675, Blénac fait ouvrir des chemins, vers Fort Royal. S’ils n’eurent le rôle stratégique qu’il en attendait, ils permirent des échanges avec le Gros Morne et les autres quartiers.

Le tabac (pétun), la première culture mise, en place fit place à la canne et au cacao.

Pendant quelques années le cacao, très en vogue à Paris, se vend très cher, les grandes habitations avec sucreries, les habitations plus modestes et les habitants en profitent pour s'enrichir.

La Trinité devient un quartier prospère...

Cette importante production de tabac, de cacao et de sucre, attire de nombreux marchands et de nombreux vaisseaux , particulièrement ceux de Nantes.

La large baie de La Trinité qui forme un port naturel la désignait comme le centre de commerces le plus important de la côte au vent.

Blénac en 1684, délimite les paroisses, celle de la Trinité s'étend de la Petite Rivière Salée, au nord et la Pointes de Salines, au sud. C'est un quart de la Martinique.

Le prêtre de la paroisse ne peut faire face au développement des nouveaux quartiers du Robert et du François, La paroisse du Robert est décidée en 1694, celle du François en 1696.

La population de la Trinité croit rapidement et l’église est à nouveau trop petite.

Le sieur La Guarigue de Survilliers, fait don à la paroisse d’un terrain pour y établir une nouvelle église, le presbytère, le cimetière et une savane « à l’usage du curé » en échange d’une concession à perpétuité, d’un droit à un banc et un droit de sépulture dans l’église.
Cette concession fut obtenue le 14 juin 1699.

... et se structure.

Sous l'influence de Dubucq un lieutenant du juge y fut établi 1706.
C'est M. Jacques Le Quoy qui est nommé à cette fonction le 19 novembre 1706, c'est le premier juge de La Trinité.

En 1710, s’achevait le portail de la nouvelle église.

En 1713, des travaux importants sont entrepris à la Pointe Sainte Catherine, les constructions transforment le fortin en véritable fort.

Une compagnie de 50 hommes de troupe y est affectée.

Le 17 août 1718, M. Bernard Poymiro, est nommé greffier.

La justice est rendue dans une maison d'habitation jusqu'en 1722.
A cette date l'intendant Bénard fait l'acquisition d'un immeuble réservé aux audiances.
Il servait à la fois de palais de justice et de prison. (il a existé, jusqu'en les années 1950 une prison, derrière le marché actuel, était-ce le même immeuble ?)

Cette même année 1718, voit l'installation d'un tribunal maritime, M.Louis Lemoine, lieutenant général de l'amirauté nomme Jean Hory à la Trinité.

On voit que l'évolution économique du quartier de La Trinité précède de peu l'installation des représentants des compagnies et de l'administration.

Ça se gate !

Par lettres-patentes d'avril 1717, concernant le commerce étranger aux iles et colonies d’Amérique, le "système de l'exclusif"fait obligation aux Messieurs des Colonies :

"l'exclusif" ne leur laisse aucune marge de manoeuvre économique et d'extension.
Il était cependant toléré, voir recommandé, de faire commerce avec les colonies espagnoles, il s’agissait de placer des marchandises françaises contre de l’or.

De la contrebande avec les espagnoles à la contrebande avec les autres îles et les navires de toutes nationalités, la tentation était grande.

La chose était d’autant plus facile dans certains quartiers comme au Galion et à Tartane.

Ceci explique peut être la réputation "sulfureuse" de l’habitation Dubucq à la pointe de la Caravelle.
Elle aurait été construite vers 1725 par Louis Dubuc du Galion, fils de Balthazard Dubucq (2ème fils de Pierre Dubucq).

La réaction de nos planteurs ne se fait pas attendre, quelques mois plus tard nous retrouvons Jean Dubucq de l’Etang (fils aîné de Pierre Dubucq), son fils aîné, Dubucq Duferret et d'autre colons à la tête du Gaoulé.

Sans entrer dans les détails, le gaoulé est une insurrection des colons contre le pouvoir royal de métropole.

Le duc de Saint Simon relate dans ses mémoires le "gaoulé":

"Il arriva à la Martinique une chose si singulière et si bien concertée qu'elle peut être dite sans exemple.
Varennes, y avait succédé Phélypeaux, qui avait été ambassadeur à Turin, et comme lui était capitaine général de nos îles. Ricouart y était intendant.
Ils vivaient (Varennes et Ricouart) à la Martinique dans une grande union, et y faisaient très bien leurs affaires.
Les habitants en étaient fort maltraités. Ils se plaignirent à diverses reprises et toujours inutilement.
Poussés à bout enfin de leur tyrannie et de leurs pillages et hors d'espérance d'en avoir justice, ils résolurent de se la faire eux-mêmes.
Rien de si sagement concerté, de plus secrètement conduit parmi cette multitude, ni de plus doucement ni de plus plaisamment exécuté.
Ils les surprirent un matin chacun chez eux au même moment, les paquetèrent, scellèrent tous leurs papiers et leurs effets, n'en détournèrent aucun, ne firent mal à pas un de leurs domestiques, les jetèrent dans un vaisseau qui était là de hasard prêt à partir pour la France, et tout de suite le firent mettre à la voile.
Ils chargèrent en même temps le capitaine d'un paquet pour la cour dans lequel ils protestèrent de leur fidélité et de leur obéissance, demandèrent pardon de ce qu'ils faisaient, firent souvenir de tant de plaintes inutiles qu'ils avaient faites, et s'excusèrent sur la nécessité inévitable où les mettait l'impossibilité absolue de souffrir davantage la cruauté de leurs vexations.
On aurait peine, je crois, à représenter l'étonnement de ces deux maîtres des îles de se voir emballés de la sorte, et partis en un clin d'oeil, leur rage en chemin, leur honte à leur arrivée.
La conduite des insulaires ne put être approuvée dans la surprise qu'elle causa, ni blâmée par ce qui parut du motif extrême de leur entreprise, dont le secret et la modération se firent admirer.
Leur conduite, en attendant un autre capitaine général et un autre intendant, fut si soumise et si tranquille, qu'on ne put s'empêcher de la louer.
Varennes et Ricouart n'osèrent plus se montrer après les premières fois, et demeurèrent pour toujours sans emplois. On murmura fort avec raison qu'ils en fussent quittes à si bon marché.
En renvoyant leurs successeurs à la Martinique, pour qui ce fut une bonne leçon, on n'envoya point de réprimande aux habitants par la honte tacite de ne les avoir pas écoutés et de les avoir réduits par là à la nécessité de se délivrer eux-mêmes."

Après le passage éphémère du gouverneur Varenne (7 janvier 1717 - 23 mai 1717), c'est le lieutenant du roi Bègue qui assurera le commandement de La Martinique jusqu'au 28 septembre 1717.

Le Chevalier de Feuquières, gouverneur de la Grenade qui venait d'être nommé en Guadeloupe, à peine débarqué, reçoit l'ordre de se rendre en Martinique en qualité de lieutenant général.

D'humeur paisible et plutôt conciliant il essaie de contenter les planteurs et la mère patrie.

Il plaide pour une amnistie des auteurs du gaoulé.

Elle arrive le 6 août 1718 avec le nouvel intendant, Silvécane, qui débarque avec un batailllon de troupe.
Elle concerne les quatres officiers qui ont arrêté Arenne et Ricouart, Bourgelas et Dubuc, deux noms sont laissés en blanc, à la discrétion de Feuquière et de Silvécane.

Dubucq se rend volontairement à Fort Royal ou il mis "aux arrêts".

Après maintes péripéties, interrogatoires, le procès suit sont cours, Silvécane, atteint de "la maladie de Siam" (fièvre jaune), meure le 2 octobre 1718.

Le 22 octobre Feuquières écrit un long rapport circonstancier au roi et conclu en demandant la grace de Dubucq.

Le 5 mai 1719, l'amnistie tant attendu est signée et expédiée. Elle sera communiquée à Dubuc le 25 juin, il avait passé 9 mois en "détention".

Si Feuquières concourut à la libération de Dubucq, il semble que se soit plus pour appaiser les esprit et rétablir le calme dans la colonie que par sympathie pour Dubucq et les siens.

La Guarigue de Survilliers ne semble pas non leur porter beaucoup d'estime.

La famille Dubuc, La Trinité et la Martinique.

Il faut dire que la prolifique famille Dubucq a la main mise sur toute la paroisse de La Trinité.

Aujourd'hui encore le nom de bon nombre de quartiers de La Trinité est là pour nous le rappeler :
Anse l'Etang, Pointe Marcussy, Desmarinière, La Camille, Duferret.

La famille devait continuer à contribuer à l'évolution de l'économie de la Martinique.

Louis Dubuc du Galion, petit fils de Pierre Dubucq, qui fixe dans la pierre la puissance de cette famille en construisant l'habitation Caravelle, qui deviendra le "Château Dubuc".

En effet, Louis Dubuc du Galion se marie en 1725 avec Marie Menant, fille d'un Conseiller au Conseil Souverain de la Martinique et choisit de s'installer à l'extrémité de la Caravelle, séduit sans doute par le port naturel que constitue l'actuelle Baie du Trésor, la présence sur place de tous les matériaux de construction et peut-être également par l'absolue tranquillité des lieux.

Vers 1740, un presbytère est adjoint à l'égise, à l’emplacement où on le connaît encore maintenant.

Le quartier de Tartane, se développant, est érigée en paroisse en 1750.

La pénurie de prêtre et la pauvreté du quartier font qu'en 1780 c'est le curé de La Trinité qui dessert les deux paroisses.

Le 10 décembre 1759, un arrêt de Conseil d'Etat, décide la création d'une chambre d'agriculture et du commerce de la Martinique et de Guadeloupe.

Elle doit nommer un député pour siéger à Paris au bureau du commerce. Jean Baptiste Dubucq est choisi par la chambre de Martinique.

Nommé premier commis au bureau des colonies, il est remplacé au bureau du commerce par son frère Julien-Antoine.

Les anglais occupent la Martinique.

Le 13 janvier 1762, une flotille anglaise dirigée par l'Amiral RODNEY débarque 1200 hommes à Sainte-Anne, en bombardant violemment les fortins des pointes Borgnesse et Dunkerque qui commandent l'entrée de la baie du Marin, commandées par DE FOLLEVILLE, lieutenant du Roi.

Les anglais occupent la Martinique.


Le traité de Paris, signé le 10 février 1763, entre la Grande-Bretagne, la France et l'Espagne, devait ramener la paix aux Antilles.

Les anglais restituent la Guadeloupe, Marie Galante, la Désirade et la Martinique, mais les français perdent Grenade, les Grenadines et le canada.

Il ne semble pas que cette incursion est beaucoup perturbé la vie de La Trinité.


Au lendemain du traité, en 1765, le duc de Choiseul entreprant une réflexion sur la liberté du commerce.

Cette même année, le service de la poste est organisé en Martinique avec un bureau particulier à La Trinité.

Le 13 août 1766, un cyclone endommage l'habitation de la Caravelle. Le déclin de l'habitation commence dès 1770, la participation des Dubucq aux différentes campagnes contre les anglais ne leur permet pas de s'occuper comme il devrait de la gestion de cette grande habitation.

Jean Baptiste Dubucq, combat avec ardeur l'exclusif. Il obtient en 1784 (arrêt du conseil du roi du 30 août), la libre exportation des sirops et des tafias qui jusqu'à présent restaient à peu près inutilisés contre lesquels on pouvait importer des bois, du charbon de terre, des bestiaux, des salaisons de boeuf, du riz, du maïs et des légumes.

A la veille de la Révolution française, en 1788, Brissot crée la Société des amis des Noirs, mais malgré les efforts de ses membres les plus éminents comme l'abbé Grégoire ou Condorcet, il ne peut obtenir l'abolition de l'esclavage auprès de la Constituante.

Cette même année, le 14 août, un cyclone ravage l'habitation de la Caravelle. Jean Baptiste Dubuc de Saint-Prix de passage en Martinique essaie de redresser la situation économique.

Au mois de novembre 1789, Louis François Dubucq, est nommé président de l'Assemblée Coloniale de la Martinique, le 8 décembre 1792 il est envoyé comme député à Paris.

La révolution, la peur des grands planteurs.

La révolution inquiète beaucoup les grands colons.

Par décret de l'assemblée nationale, du 29 novembre 1790, le roi prend des dispositions pour ramener le calme en Martinique.

Ce même décret, précise que l'Assemblée nationale décrète qu'il sera ouvert, provisoirement, un second port d'entrepot à la Martinique, il sera à La Trinité.

Pour sauver leur tête et leurs biens, Dubucq, Curt, député de Guadeloupe , et le baron de Claire Fontaine, s'enfuient en Angleterre rencontrer Henry Dundas, ministre des colonies, pour livrer la Martinique et la Guadeloupe aux Anglais.

Le roi Louis XVI monte à l'échafaud le 21 janvier 1793.

Ce n'est que le 4 février 1794 (décret du 16 pluviose an II) que la Convention, sous la pression de la société des amis des noirs et d’humanistes, abolit l'esclavage.

Mais cette mesure ne sera pas appliquée à la Martinique, les anglais l'occupant à nouveau depuis le 6 février 1794.

Les anglais reviennent.

Le 17 pluviose, les anglais arrivent à La Trinité par la pointe Marcussy et la baie du Galion, ils se mettent en mouvement pour gagner le Vertpré, mais se heurtent à la garde nationale.

Après quelques escarmouches, ils décidèrent de se porter vers La Trinité et bousculèrent sans grande peine les chasseurs de Bellegarde et la garde nationale du Gros Morne et restèrent maître du quartier.

Bellegarde abandonnant la position mis le feu à tout un pâté de maisons du bourg de La Trinité; plusieurs d'entre elles étaient propriétés de la famille Dubucq.

Les anglais dans la place c'est un retour pur et simple à l'ancien régime monarchique.

Nos grands colons y retrouvent leurs propriétés, leurs places et leurs prérogatives, les esclaves retrouvent leur condition et l'on oublie le décret du 4 février 1794.

Jean Baptiste Dubuc de Saint-Prix qui assure la gestion de l'habitation de la Caravelle depuis 1789 met fin à l'activité industrielle de l'habitation vers 1797.

Le traité d'Amiens, retour à l'esclavage.


Bonaparte, 1 er consul signe le Traité d'Amiens le 27 mars 1802 (6 germinal an X) qui met fin à l'occupation de la Martinique, de la Guadeloupe, de Tobago et de Sainte Lucie.

Les 16 et 18 mai suivants, Bonaparte faisait voter le maintien de l'esclavage dans ces colonies restituées : Le 26 mai 1802 (6 prairial an X), un arrêté du consulat réorganise l'administration dans les colonies.

En avril 1802, le Comte Louis Thomas Villaret de Joyeuse est nommé capitaine général de la Martinique et de Sainte-Lucie. Il les gouverne jusqu'en 1809.

Encore eux, les anglais occupent à nouveau la Martinique.


Le traité d'Amiens n'a pas fait long feu,le 30 janvier 1809, les Anglais occupent à nouveau la Martinique.

En 1805, la paroisse de Tartane est rattachée à la paroisse de La Trinité.

Le 23 juillet 1813, un violent cyclone frappe la Martinique (200 morts). Ce fut un désastre pour La Trinité.

Maisons renversées, cultures détruites, l'église y perd son toit. La situation critique des paroissiens, même avec la meilleure volonté ne permet pas d'envisager la réparation de l'église.

Paris le 31 mars 1814, les alliés (l'aristocratie exilée dans les cours européennes), occupent la capitale.

Le Sénat et le Corps législatif avaient proclamé le 2 avril la déchéance de Napoléon 1er et demandé à Louis XVIII de reprendre en main les affaires du pays.

Fontainebleau le 6 avril 1814, l'Empereur abdique et est exilé sur l'île d'Elbe.

Le traité de Paris du 30 mai 1814 fixe les frontières de la France après la défaite de Napoléon Ier.

Les Anglais rétrocèdent à la France, la Martinique la Guadeloupe.


La Charte constitutionnelle, promulguée le 4 juin 1814, comporte un préambule et seulement 76 articles, c'est le 73 èmequi nous intéresse : "Les colonies sont régies par des lois et des règlements particuliers", de fait rien ne change on retrouve la forme de gouvernement de l'ancien régime.

Pierre René Marie, comte de Vaugiraud est nommé gouverneur en 1814 et le restera jusqu'en 1818.

L'état de l'église est tel qu'en octobre 1815, il est décidé le la démolir au plus tôt.

L'ordre de démolition n'est pas plus exécuté que les réparations qui avaient été prévues.

Les anglais étant rentré chez eux, une commission composée de MM. de Juppeaux, Baret, d'Arnaudot, Dubuc Desturet et de Noël se charge de faire exécuter la démolition et la reconstruction de l'église endommagée.

Tous les Trinitéens sont mis à contribution pour financer ces travaux qui se terminent en 1817.

C'est le curé de Grande Anse, qui le 30 avril vient consacrer la nouvelle église.

Par l'arrêté ministériel du 10 septembre 1817, les pouvoirs se trouvent désormais confiés au gouverneur, l’intendant étant supprimé.

Le 16 décembre 1827, après de long pourparlés sur le financement des travaux, la décision est prise de réaliser une adduction d'eau dans le bourg. Il s'agit de canaliser les eaux de l'Epinette.

Ces installations devant faciliter l'approvisionnement en eau des navires, de la garnison et des maisons particulières, devaient durer jusq'en 1831.

Le 11 janvier 1839, un violent séisme, secoue la Martinique, l'égise est fortement endommagée, on est obligé de démolir les deux pignons des chapelles, la charpente de la nef s'est affaisée, la toiture a beucoup souffert, le clocher et les murs de l'église sont lézardés, la charpente du clocher est endommagée.

Les réparations sont urgentes, heureusement, la colonie vient au secours de la paroisse et les travaux commencent le 16 décembre 1839.



A SUIVRE....




Crédit : La généalogie de la famille DUBUC a été trouvée sur le site Toujoursla.com.

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